mercredi, février 16, 2005

La grande question

Parce que depuis hier je suis complètement séduite par un peintre (Boim), parce que depuis décembre je suis éprise d’un rôdeur du Panthéon (Cardinal) et parce que depuis 6 ans je suis sous l’envoûtement d’un écrivain sorcier motdoux (Pelletier), je vous pose ces questions…

Le mot est-il aussi séduisant que la parole?
La séduction du verbe réside t-elle dans la beauté de l’écrivain inconscient ou lucide de son charme?
Il y a ceux qui causent et ceux qui écoutent, y a-t-il aussi ceux qui charment par les lettres et ceux qui saisissent l’essentiel?
Avez-vous déjà été envoûté par les formes d’une écriture?
Qu’est-ce qui vous trouble dans la rondeur d’une pensée étendue sur papier?
Y a-t-il des mots faussaires?
Y a t il des phrases taboues?

31 Commentaires:

At mercredi, février 16, 2005, Blogger michel a écrit...

Les paroles s en vont ! Les écrits restent ! Quelle chance ns avons de connaitre le francais ds toute sa complexité et sa précision !

Se qui manque a l écriture, c est.,.,son envellope,.,.,son corps ,.,se que j aime appeller le non verbale,.,.,le comment ,.,.,le ton,.,.,le debit.,.alors vive les perceptions !
Donc ,,.,je ne peux m empecher de demander :
- qu est ce que tu as compris de se que j ai ecrit ?
-est ce que pour toi se mots est plus pesant que celui ci ?

Le pouvoir des mots m a seduit plus d une fois .,.,sous son allure coquet et innocent..

Rien que la beauté du geste te donne raison sur se que tu detestes. ( mano solo )

 
At mercredi, février 16, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Le mot est-il aussi séduisant que la parole ?
Vaste sujet de discussion…Je suis convaincu que oui…
Un mot…un simple mot..et tout peut chavirer..
Bien employé…il apportera joie, amour, sourires…faire rougir ou même rendre fou d’amour !
Mais il peut aussi amener colére, tristesse et désolation…pleurs et déception….
Si les baisers s’envoyaient par écrit,
Vous liriez ma lettre avec vos lévres..
Dans l’écriture la main parle….Dans la lecture les yeux entendent les paroles…
Je reviendrais développer sur le sujet des courbes harmonieuses d’une écriture…
J’aime me faire envoûter par des écrits…
Cela est si bon…
Stéph.

 
At jeudi, février 17, 2005, Blogger Bruno a écrit...

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At jeudi, février 17, 2005, Blogger Bruno a écrit...

Il y a les mots qu'on dit ...
Et ceux qu'on laisse deviner
Il y a les lignes ...
Et les espaces entre les lignes.
Il y a les mots qu'on lit ...
et ceux qu'on imagine.
Il y a les mots tabous,
Qu’on évoque parfois.
Il y a ceux qu’on écrit
Sans trop y croire
Et ceux qu’on n’ose pas dire
Pour ne pas effrayer

Les mots séduisent, racommodent
Ou détruisent et immolent
Leur mystère est fascinant
Leur pouvoir est attirant

Les mots laissent place à l’imagination,
à l’interprétation, à l’immodération
Ils suscitent l’espoir, la passion, la déception
Ils peuvent être imposteurs, faussaires,
frondeurs ou pervers,

Mais ils ne sont pas seuls responsables

 
At jeudi, février 17, 2005, Blogger Yves a écrit...

Se poser une question c’est s’émerveiller
lorsqu’un papillon se pose sur notre berge
En dicter une série … c’est mettre son soufle en éveil
quand une panoplie d’émotions nous immergent

Cette état de grâce nous ouvre et nous fait virevolter
tel le papillon qui redécolle gracieux mais survolté
il faut surtout pas chercher la réponse
simplement bien faire aérer ses bronches …

 
At jeudi, février 17, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Dis moi encore que tu m’aimes
Avec deux, trois ou quatre m
Les courbes harmonieuses
d’une lettre aussi élogieuse
Sont venues m’envoûter
Et me frapper de plein fouet
Épris de tant de beauté …
Je ne peux que me résigner
Ses mots parlant d’amour
Me font comme un petit velours
Dis moi encore que tu m’aimes
Au présent , au futur ou au passé
Mais jamais à l’imparfait.

Stéph.

 
At jeudi, février 17, 2005, Blogger Nathalie a écrit...

Je crois sincèrement que les mots sont plus importants.
Avec les mots, on sens un bonjour, un aurevoir, un adieu, un je t'aime.
Avec les mots, on touche le coeur.
Je me laisserais toucher de cette façon.

Nath

 
At jeudi, février 17, 2005, Blogger Nathalie a écrit...

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At jeudi, février 17, 2005, Blogger Nathalie a écrit...

Tes mots me séduisent,
tes mots me laissent sans voix,
ils me chavirent.
Tes mots me pénètrent et me font rêver.
Tes mots sont douceur.
J'aime ta façon de me toucher avec tes mots.
Nath

 
At jeudi, février 17, 2005, Blogger Bertrand a écrit...

Le mot dit (maudit?) n'a aucune chance contre le mot écrit.

Le dernier reste, pendant que l'autre s'est envolé depuis longtemps.

On lui revient encore et encore, à volonté. On le soupèse, le décortique. On finit même par lui faire dire ce qu'on veut.

On peut être séduit par une écriture, par une façon de dire travallée... Parce que le mot écrit permet une longue réflexion, à la fois pour celui qui le forge que celui qui l'absorbe.

Mais hors de lui-même, le mot écrit n'est pas gage de l'auteur.
Ce n'est qu'un instant de lui-même.

Il serait dangereux de tomber amoureux d'un auteur. Pour ça, il faudrait aussi savoir tomber amoureux des ses maux.

 
At vendredi, février 18, 2005, Blogger Linda a écrit...

L’écriture est une respiration parfois enjouée, rieuse, haletante, difficile allant même jusqu’au dernier souffle de plume. Alors dans un certain sens, lorsque l’on tombe en amour avec un écrivain n’aimons-nous pas aussi ses maux puisque tout transparaît… pour qui sait lire?

Il est vrai que le mot écrit est un instant qui survit à son auteur alors que le mot dit est un instant déjà passé. Peut-être parce que les yeux entendent mieux que les oreilles?

Dès que l’auteur a écrit ses mots, ils ne lui appartiennent déjà plus. Il ne maîtrise pas l’interprétation de ce moment intime (parce que pour moi l’écriture est un moment intime avec soi-même), que le lecteur en fera. Il offre en sachant qu’il partage…suffit de prendre en sachant que c’est n’est pas exclusif.

Peut-on toucher les gens sans remords? Faut-il parfois museler ses mots par crainte d’être propulsé hors contexte? J’en doute.

Mais oui, je sais que la séduction est possible par les mots d’un être, sans même avoir connu son passé imparfait trop souvent composé pour être garant d’un futur simple.

Merci d’écrire, j'adore vous lire.

P.s. Le mot dit (maudit) dis-tu Bertrand? Ou le MotsArt?

 
At vendredi, février 18, 2005, Blogger Yves a écrit...

La fragilité d’un instant
c’est de le dire
Le charme d’un moment
c’est de l’écrire

Pourquoi chercher à graduer
l’importance de deux médiums
ayant chacun sa propre finalité
L’essentiel n’est elle pas l’effet maximum

p.s. : Prenons l’exemple de 2 personnes qui se croisent à un certain moment de leur vie. Sachant qu’on ne la reverra sûrement jamais, avoir le courage, dans le feu de l’action, au dernier instant, de lui dire simplement le trouble qui nous habites en bégayant le soufle court a t’il moins ou plus d’importance que de s’ètre assis confortablement et en toute sécurité chez soi pour enligner les mots qu’elle ne lira jamais ?

 
At vendredi, février 18, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Les mots.... Ces mots qui sont doux, cest mots qui sont tendres...ils restent dans nos âmes...........dans nos coeurs...Quelque fois ils font peur, quelque fois ils nous rendent heureuse. Mais tout le temps ils nous comblent.
Nath

 
At samedi, février 19, 2005, Blogger Hurlevent a écrit...

Tu vois, Linda, chacune des questions posées ici mériterait qu'on s'y attarde longuement, car il ne suffit pas d'y répondre sommairement. Encore faut-il en donner toute la mesure. Je vais ici, malgré tout, répondre à l'une d'elles.

"La séduction du verbe réside t-elle dans la beauté de l’écrivain inconscient ou lucide de son charme?"

Je suis intimement convaincu, pour ma part, que la séduction du verbe relève de l'inconscient. C'est celle qui s'offre sans arrière pensée, nu malgré ses lourdeurs, ses apparats, ses longueurs aussi. J'ose même ajouter qu'il peut y avoir séduction sans désir de séduire. Simplement des mots, simplement des sonorités, des rythmes, et, pour finir, leur essence propre.

Nous atteignons le sublime quand les mots transgressent les interdits. Quand, malgré leur violence, ils disent toute leur fragilité. Quand, malgré leur frugalité, on sent l'abondance et la générosité. Quand, malgré leur apparente indifférence, on sent les plaies vives et le désir de s'offrir.
Quand...

Les mots, les mots... il y a tant à dire... Nous y reviendrons sans doute.

 
At samedi, février 19, 2005, Blogger Linda a écrit...

Je partage tout à fait tes mots Daniel.

 
At lundi, février 21, 2005, Anonymous SALSADOM a écrit...

Si les mots sont plus séduisants que les paroles... oui ! ! !
Le principe de la séduction est de s'imaginer certaines choses dans notre tête. Les mots nous incitent à imaginer notre compréhension de ceux-ci. Contrairement aux paroles ou aux images ou "l'imagination" nous est imposée ou suggerée car nos yeux sont ouverts face à une personne ou un écran, une page encrée laisse beaucoup plus de latitude à l'esprit pour rêver.

 
At lundi, février 21, 2005, Blogger Hurlevent a écrit...

Il semble y avoir ici une belle unanimité en ce qui concerne la préséance de l'écriture sur la parole.
Je suis étonné. Non que je veuille réduire l’importance de l’un par rapport à l’autre, mais c’est sous-estimé la force de la parole que de la reléguer aussi rapidement au second plan.

Il y a des mots, offerts sur l’oreiller, qui valent toutes les lettres d’amour.
Il y a cette voix, brisée par l’émotion, et qui dira finalement pour la première fois les mots « je t’aime » (Alors que sur papier, c’est tellement plus facile…)

Une voix ne vous a jamais hanté, même des années plus tard? N’y a-t-il pas dans vos souvenirs les paroles d’un amour déchu, dont la trace réside encore tout au fond de vous?

Les mots dans l’écriture, je connais. Les mots dans la voix aussi. Et parfois, ce sont ceux qui me manquent le plus…

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Linda a écrit...

Ce message a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Linda a écrit...

Ce message a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Linda a écrit...

Dernière tentative c'est promis!

T'écrire l’amour c’est:

Allumer la ligne qui court droit vers ton cœur pour l'embraser dans un grand éclat d'écrire ! Te toucher du bout des mots, sans but avouable ni fin.

Lire l'amour, c'est… te suivre mot à mot, sur la pointe des doigts, en soupirant discrètement, pour te surprendre, en flagrant d'écrit, allongé sur le ventre tatoué d’une page plus très vierge. Devancer ta main sur la ligne d'arrivée.

Les Pelleteurs de nuages.
Pour avoir connu, moi aussi, les mots et la voix, écrire un «Je t’aime» est tout aussi difficile que le dire s’il est articulé par l’âme. Lorsqu’il est griffonné, il acquiert une certaine autonomie, on peut le lire à satiété il ne s’essouffle jamais. On peut l’envelopper d’une voix, mais on peut aussi coller des mots à un timbre de voix.

Quand j’ai l’un, l’autre me hante.
La voix se fait écho et ramène en corps l’ivresse…
L’écriture jette l’encre, inverse les marées pour faire chavirer le cœur…

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger michel a écrit...

sous la pointe de ton cheveux je me suis inspirer !
sous la pointe de ton regard je me suis enflammer !
sur la pointe des pieds .,je me suis en aller ...

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Hurlevent a écrit...

Ce sont de biens beaux mots, Linda. J'aimerais y souscrire tout autant, mais moi, tu vois, je ne relis jamais les lettres, et encore moins celles qui m'ont émus. Ils n'ont plus de valeur que dans le souvenir. Et comme je ne retourne jamais sur les traces de mon passé, sinon dans ma propre mémoire, tous ces mots sont inutiles.
Pour employer un parallèle qui t'étonnera peut-être, c'est pour les mêmes raisons que je ne vais jamais visiter les morts, même ceux dont le départ m'attriste encore. Ce que je garde d'eux, c'est leur voix, leur rire, leurs émotions. Leurs contacts sur ma peau. Je ne concerne rien d'autre.
Tout le reste me semble bien futile...
Mais tant mieux si c'est différent pour toi. :-)

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Hurlevent a écrit...

Tiens, j'y pense! On pourrait ouvrir un autre débat.
Si vous aviez à choisir entre l'écriture ou la parole, lequel des deux choisiriez-vous? Moi, c'est la parole!
Parce que j'ai tant écrit, mais si peu dit...

 
At mardi, février 22, 2005, Blogger Linda a écrit...

Le sourd et l’aveugle pactisent : «Dis-moi ce que tu entends je te dirai ce que je vois.»
L’écrivain et l’orateur : «Dis-moi ce que je dois écrire et je t’écrirai ce que tu dois dire.»

Je préfère les deux, l’écriture et la parole.

 
At mercredi, février 23, 2005, Blogger Hurlevent a écrit...

Bien heureux d'apprendre que tu ne te passerais ni de l'un, ni de l'autre. Mes interventions précédentes ne visaient rien d'autre qu'à redonner à la parole ses lettres de noblesse. ;-)

 
At mercredi, février 23, 2005, Blogger Linda a écrit...

Et laisser le mot s'exprimer de vive voix. :-)

Mais compte sur moi pour traîner dans le mot d’autres sujets pour avoir le plaisir de lire tes interventions Daniel.

 
At dimanche, février 27, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Je préfère les mots qui laissent sans voix aux mots sans voix :-) Les mots dits aux mots tus.

 
At dimanche, février 27, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

D'où l'expression: Mots tus et bouche décousue.

 
At dimanche, février 27, 2005, Blogger Bruno a écrit...

Mais il n'y pas que les mots qui parlent, qu'ils fussent dits ou tus. N'élevons pas le Verbe au statut de toute puissance.

Que de sens peuvent avoir un regard, l'expression d'un visage, une pression sur la main, une douce caresse, et parfois même une simple présence ...

 
At dimanche, février 27, 2005, Blogger Linda a écrit...

Comme disait la rousse...J'aime à tout sens

 
At dimanche, février 27, 2005, Blogger Francis a écrit...

Tout à fait d'accord Bruno. Et que de sens peut aussi avoir un silence...

Francis :-)

 

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