mardi, mai 03, 2005

Carte Postale pour vous!

*Ce temps d’antennes sensorielles est mis à votre disposition. J’installe mes pénates dans le wagon de queue pour profiter du paysage de vos pensées, vos questions ou vos envolées poétiques.

Au plaisir de commenter vos sujets.

6 Commentaires:

At mercredi, mai 04, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Vous me manquez….
Quel dommage que vous n’ayez pu m’accompagner…
Durant tout le voyage vous étiez dans mes pensées
Nuit , jours…. Votre âme était à mes côtés
Me voici maintenant arrivé... et
Vous me manquez…
Devant tant de beautés J’aimerai avec vous les partager
A notre prochain projet, Il nous faudra se raisonner
Et ne plus jamais avoir à me répéter …
Vous me manquez

Stéph.

 
At jeudi, mai 05, 2005, Blogger Yves a écrit...

le pouvoir est une aura que l’on suis
malgré des hauts et des bas on s’y fi
les gens aiment etre guidés
Par la personne qui les a fait se lever

On aime le défi, etre bousculé voir courtisé
Bien emmitouflé chez nous en toute sécurité
Sachant que quoi qu’il arrive le guide est là …
Motivant, amadouant et qu’ il le fera …

Former une équipe sans la nommer
De gens qui aiment l’écriture
S’aimant pour faire germer leur culture
Mettre son âme aux enchères …
Voilà l’art de vivre de notre très chère …

 
At jeudi, mai 05, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Que j'aimerais que tu sois avec moi,sur le voyage de ma vie. Toi, mon compagnon, pour m'accompagné sur les haut et les bas de la vie. Sur les joies et les peines..et sur le chemin du bonheur!

Nathalie

 
At samedi, mai 07, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Il a fallu du temps pour que Jacques Prévert devint célèbre. Un petit nombre seulement de ses amis connaissaient ses poèmes. Entre 1930 et 1940, on pouvait rencontrer Prévert au Café de Flore, à Saint-Germain-des-Prés.

C’est étonnant de constater que c’est le cinéma qui lui apporta la notoriété (par exemple le film – Les Visiteurs du Soir). C’est après s’être associé poético-musicalement avec Joseph Kosma, lui aussi totalement inconnu à l’époque, que nos deux courageux ont transformé en matière chantable des poèmes en vers inégaux et qui ressemblent plus à des extraits de conversation.

L’album Chansons de Prévert dans la collection Le chant du Monde est l’un des disques vinyles qui m’a le plus marqué. Les interprètes Eric Amado, Michèle Arnaud et Germaine Montero accompagnés du piano et de la harpe sont superbes! Il m’arrive encore de le ressortir et de l’écouter en appréciant le bruit charmant produit au contact de l’aiguille sur les rainures usées du microsillon. Il y a de ces antiquités auxquelles nous sommes attachés et qui ne sont pas encore disponibles en réédition. En connaissez-vous? Enfin, qui n’a jamais fredonné Les feuilles mortes ou En sortant de l’école? Hansel

En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le japon
et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
tournant la manivelle d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins
Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie du chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper
Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués
C’était lui le garde-barrière
et il nous bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie du chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
À pied à cheval en voiture et en bateau à voiles.

En sortant de l’école de Jacques Prévert (Histoires, 1946)

 
At lundi, mai 09, 2005, Blogger Linda a écrit...

Décidément, ça me plaît vraiment beaucoup ce wagon-queue.

Des antiquités dites-vous? Je m’attache surtout à la prose présente et, un rien chauvine, je préfère prendre un vers au bar de notre terroir. J’admire Baudelaire, Prévert mais j’aime Miron et Pelletier. Comme admirer est épuisant, j’aime mieux aimer. Je me fais plaisir en vous laissant en leur compagnie.

La cicatrice
Fancis Pelletier

La lumière m’aveugle.
Je n’ai jamais su voir le jour si clair… trop évident.
Je préfère la nuit lorsque les autres sont endormis.

Étendu sous la noirceur, je m’éveille à mes sens.
Mon regard perce les ténèbres.
J’écoute les silences. Je palpe le vide.
J’hume l’absence.

Soudainement, une étoile se décroche,
file, déchire la toile noire de la nuit, tel un éclair.
L’obscurité blessée pousse un cri.
Les cheveux des arbres se dressent.
Le ciel abandonné voit ses étoiles s’écouler une à une
par la plaie.

Ce matin mon gazon est parsemé d’étoiles.
La nuit je ne dors pas…je rêve!


La Marche à l’Amour
(Gaston Miron
tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers
ma danse carrée des quatre coins d'horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à mes cils d'abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour…

j'allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d'être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi
la marche à l'amour s'ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d'aval
j'aime
que j'aime
que tu t'avances
ma ravie
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l'aube…

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie…

 
At dimanche, mai 22, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Merci pour ce périple à bord d’un train postal qui m’a fait découvrir un autre ciel et une voie différente de l’amour. Comme un seul voyage ne permet pas de tout visiter, il y a de ces destinations où l’on retourne volontiers. Hommage à l’amour, à soi ou à une autre personne. Qu’il inspire le jardin de les côtoyer tandis que des passerelles tendent la main aux pouces et sèment les secrets de temps de créativité d’où s’envolent les pollens après une secousse. J’ai vu un bouton d’or aller lui fleurir un message, une invitation comme un doux parfum aux arômes d’hommage voulant fêter dans la joie une fresque éternelle ronde pour que la vie lui serve en offrande le monde. Je pars marcher tout en ne sachant pas encore la destination. Hansel

 

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