mardi, juin 21, 2005

Une petite flotte chargée d’amazones de lit

Caricature Arlette Philippe


Il était 1 fois une fille du roi, il était 2 fois une fille des bois, il était 3 fois une fille de choix!

À l’approche de la St-Jean, j’ai une envie prématurée d’écrire sur ces premières femmes qui ont accouché du Québec. Sans aucune prétention d’historienne, simplement pour le plaisir de partager des détails peu connus de ces parturientes d’outre-mer que l’histoire a rudement mâle menées.

L’histoire des Filles du roi commence souvent dans un orphelinat sous tutelle de l’état. Elles sont toutes issues de mariages légitimes…ne vous inquiétez pas pour ma naïveté, je doute, comme vous, de cette dernière véracité. Mais lorsque l’on sait ce que la vie leur réservait ici, mariages hâtifs, enfantements à répétition, labeur de l’ouverture du jour à la fermeture des lits, est-ce vraiment important de savoir ce qu’elles quittaient?

En 1663 il y avait environ 720 célibataires de sexe masculin pour 45 célibataires de sexe féminin en Nouvelle-France, les temps changent mais pas toujours pour le mieux !

Elles étaient transportées sommairement aux frais du roi, chaperonnées par une dévote bigote qui les éduquait sur les rapports intimes hommes-femmes pendant la traversée. Arrivées à Québec, elles étaient entassées dans une salle, divisées en trois lots, femmes catégorie C, catégorie B et le choix du président non pardon de l’intendant. À Québec, les plus belles femmes trouvaient mari, ensuite, selon la pénétration du fleuve, les moins moches se retrouvaient à Trois-Rivières et le terminus était Montréal pour le lot restant. Peu importe, toutes étaient mariées en moins de 15 jours, sauf au moins une qui fût enlevée par les Iroquois.

Le trousseau de ces femmes offert par le roi :
Une somme d’argent
De l’habillement
Un ruban à soulier
Une coiffe
Un mouchoir
Un peigne
Du fil blanc
Cent aiguilles
Des lacets
Des ciseaux
Des épingles
2 couteaux
Des bas
Un bonnet
Des gants

Et dire que j’ai plus que ça, mais je dois avouer que mon ancêtre a échoué à Montréal.

J’ai choisi mon aïeule parmi la liste des Filles du roi :

QUENTIN, Jeanne. Fille de Jacques (maître écrivain) et de feue Élisabeth LEDIEU de la par. St-Paul archev. de Paris en île de France. Arrivée en 1673, apportant des biens estimés à 200 livres. Savait signer.

Vous voulez adopter une fille du roi?

* Merci à Yves Landry Les filles du roi au XVII siècle et Hector Grenon Histoires d’amour de l’histoire du Québec.

5 Commentaires:

At mardi, juin 21, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

Bonjour,

Le sujet fût très interessant à connaître je suis de Mtl mais pas mes ailleuls ;-)

Elfe xo

 
At mercredi, juin 22, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

J'ignorais pourquoi les femmes de Québec sont si belles maintenant je le sais.

Roméo

 
At mercredi, juin 22, 2005, Anonymous Anonyme a écrit...

J'aime bien ton histoire des filles du roi Linda mais j'aime mieux l'histoire des 2 Catherine que tu nous as raconté dimanche au souper.

Steph On a bien une copine qui risque de finir vieille fille plutot que fille du roi on a même essayé de la faire passer pour une fille de Québec.

Judith

 
At mercredi, juin 22, 2005, Blogger Linda a écrit...

Judith pas étonnant que l’histoire des 2 Catherine t’ait plu, elle est carrément scandaleuse…pour l’époque! :)

Stéph. Merci pour les 2 très beaux qualificatifs...

 
At lundi, juin 27, 2005, Blogger Yves a écrit...

Les vieilles-filles du roy version 2005

Prenons l'exemple de notre chère jeune fille vertuelle, dit Linda, le 1er constat nous informe qu'il faut surtout pas s'inquiéter de l'état de sa statut …

C’est pas du tout ce que l’on croit …
Surtout lorsque l’état est désiré …
Elle ressemble plus à une coqueluche très civilisée …
Qui le temps venu laissera tomber son mouchoir …
Le problème résidera plutôt dans la cohue de mâle qui s’ensuivra :)

Et avec tous ces histoires de parturientes qui hantent ces nuits … il est bien compréhensible qu’elle prenne tout son temps …

 

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